Précisons
que, contrairement à une idée répandue, les 62 000 n'ont pas effectué que
du " tri à la butte " ; elles ont aussi, à leur débuts (040DA), servi en ligne
à tracter des trains de marchandises en RO ou RA et sur la Grande Ceinture.
* Pour plus de renseignement sur les Baldwin de la SNCF, rendez-vous sur l'
excellent site CFTR, qui fait le tour de la question : www.evolutive.org\cftr\A1A-A1A62029.htm
De plus, il propose des liens tout à fait impeccables pour les fans de locos
US !
Sommaire
de l'article :
1.
La base du modèle :
Une SD7 (USA)
Life Like Proto 2000, commandée sur Internet aux USA : 350.00 F, port et dédouanement
compris. Cette machine est en réalité une CC des années 50-60, mais ses cotes
et sa physionomie générale sont très proches de la Baldwin livrée à la SNCF
à partir de 1946.
Les plus : " Big moteur " 5 pôles à carter fermé avec 2 gros volants d'inertie
en laiton, prise de courant sur les 12 roues à profil fin (NMRA) non bandagées,
parfaitement adaptées au code 75, transmission par cardans et vis sans fin
engrenant les 2 bogies ; - Les premiers tests de rodage indiquent un démarrage
à 5,5 volts, déplacement effectivement lent, grosse puissance au crochet.
En terme d'adhérence totale, c'est prometteur ! J'ai pu réutiliser deux des
trois blocs de lest du modèle d'origine, et relesté partout où c'était possible
; le devis de poids total avec toutes les pièces nécessaires, indique quand
même 830 g.
NB
: cet ensemble motorisation / bogies est quasiment identique à celui utilisé
par DJH pour le kit de la 65 500 " Babazou ".
Outre que
le châssis d'origine est trop différent pour être réutilisable, les bogies
de SD7 sont trop longs de 3mm. En fait, ça ne saute pas aux yeux après raccourcissement
proportionnel de l'empattement. (Les mieux adaptés auraient été ceux de la
A1A A1A 68 000 Fleishmann, mais au prix d'un charcutage intégral du châssis,
l'encombrement du moteur et son positionnement n'étant pas adaptés à la configuration
de la caisse du " Ya Ya ", particulièrement étroite : 22mm, au 1/87e ).
Eléments
conservés : bogies, moteur et volants, cardans, essuie-glaces, trompe…et c'est
tout !
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2.
Mise en oeuvre du châssis :
Tablier en
tôle d'aluminium de 12/10 encastré en 4 points sur 2 longerons longitudinaux
, 2 entretoises formants berceau du moteur et doubles parois intérieures du
réservoir central .

cliquez sur la photo pour visualiser le diaporama
Les extrémités
recevant les traverses de tamponnement et les attelages sont doublées en épaisseur
; le système d'attache formant pivot des bogies Proto 2000 sur le tablier,
impose de poser une platine en surépaisseur. C'est donc une construction rustique,
simple, assemblée par collage (cyano + araldite). A l'expérience, le tablier
aurait gagné à être en laiton de 3/10, ce qui aurait permis l'assemblage par
soudure.

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3.
La caisse :
Traçage à
la pointe sèche, gravure ; elle se caractérise par une multitude d'ouies d'aération,
non symétriques sur les deux flancs de la caisse, et pour qui n'a pas de goût
particulier et encore moins de compétences en photogravure, houle la !
Après de multiples essais " peu concluants ", je me suis résolu à graver et
emboutir des petits panneaux de clinquant de 1/10e bien recuits, qui sont
ensuite rapportés par collage à la cyano sur les capots. Ce genre d'activité
exige un calme absolu et des nerfs d'acier pour un résultat correct tout au
plus, avis aux perfectionnistes obsessionnels.

cliquez sur la photo pour visualiser le diaporama
Découpage
et pliage : feuille de laiton de 3/10 sur formes en métal ou en bois dur aux
arêtes adoucies. J'ai opté pour un assemblage final " logique " en trois parties
: capot avant, cabine, capot arrière; en fait, il aurait été plus judicieux
de construire un seul ensemble , puis d'y insérer et souder la cabine et les
parois d'extrémités en supprimant après coup les fausses parois inclues dans
la cabine, tout cela au prix de pliages combinés difficiles à maîtriser par
un débutant même téméraire. Si quelque lecteur internaute a des lumières à
ce sujet, bienvenue sur l'email de l'AMHA !
Finalement,
le travail le plus long a concerné les petites pièces : Parois avant et arrière
des capots, réservoirs et tubulures, traverses, marchepieds, lanternes, mains
d'atteleur, échappements, tampons, platelage, avec une mention spéciale pour
les flancs de bogies et les rambardes aux formes excentriques ; un régal à
mettre en forme.

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4.
873 grammes de bonheur
Au départ,
je souhaitais me faire la main sur un petit bricolage en carte plastique,
mais c'était compter sans l'amicale complicité très documentée de mes petits
camarades : finalement, ce serait tout laiton, c'est-à-dire une feuille de
50x50cm en 3/10e et une feuille idem en 1/10e, le tout 68,00 F. Aussi peu
d'investissement financier, ça touche au snobisme. Au final, le modèle, en
cours d'achèvement, ne soutient peut être pas la comparaison avec un bon modèle
en kit (encore que, question fonctionnement effectif…..) mais pour qui souhaitait
obtenir une vieille bête de 50 ans d'âge bien amortie, et après peinture (fatiguée)
et patine (prononcée), " ça devrait le faire "… sauf pour les puristes psycho-rigides,
évidemment, qui oublient que si l'on y regarde vraiment de plus près, très
attentivement, en comparant des modèles équivalents, on trouve souvent des
accommodements bien pratiques avec la réalité, même dans le " haut de gamme
" !

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Ce qui m'importe
le plus c'est bien sûr l'apprentissage, l'expérience acquise, au prix de nombreuses
heures de travail …trop souvent réduites à néant par manque de réflexion et/ou
d'aptitude manuelle, la satisfaction dans la résolution simple de problèmes
apparemment complexes, les conseils gentiment dispensés par les copains, qui
renforcent amitié et complicité, mais aussi une plus grande tolérance vis
à vis des imperfections des fameux kits du commerce qui nécessitent de la
part de leurs concepteurs un gros travail avant la mise à disposition à l'amateur
lambda (qui, comme son nom l'indique, est tout autant un inconditionnel du
fait main, patient et outillé, genre " mains en or ", qu'un fanatique du "
vite fait bien fait " sur un coin de table.
Finalement,
le principe du professeur Chérons (in : " Prolégomènes à toute approche
du modélisme fonctionnel ". PUF. 1999. 279p.) s'avère éminemment juste
:
" Le
modélisme, tendu vers son plus haut niveau, est une succession heureuse de
tâches logiquement ordonnées. "
Philippe
VEPIERRE
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